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SILENCE ET AMERTUME

Couvert de sueur, dans l’abysse précipité;
Le cœur sanglant d’une pathétique fébrilité,
Le regard vague et lointain,
Le visage sombre et haineux, il hurle.

Un déferlement insonore,
Vomissure baveuse dans cet enfer béant,
Éclaboussant peine, horreur, confusion;
Déchirant un à un les fils du temps.
Chaque jour laissé derrière coupe les liens
Et le chœur se vide.

Vide,
Devant l’absurdité.
Avant toute chose, vision opposée,
Vide,
Devant l’absence de silence.

Manque incontestable,
Dont la satisfaction
Est toujours plus lointaine

Une pluie froide souffle sur le flan;
Cent mille buissons ardents,
Cent mille tisons
Et un semblant de plante,
Plastique et fausse,
S’écroule comme les autres
Et par la suite, s’en vante.

Tant de mesures à cercueil fermé.
L’issue, semble-il, serait d’y mettre la clé.
Une fin sans amertume;
Un vieux radeau moisi, coulé.

L’odeur, sale et répugnante,
D’une vieille carcasse poisseuse
Caresse ses sens.

Il hurle et tombe, sans s’écraser